
Pétrole : la détente d'Ormuz, sans le retour de la sécurité
Avec le retour des tankers dans le détroit d'Ormuz, les cours du pétrole sont retombés à leurs niveaux d'avant la guerre au Moyen-Orient. Mais pour l'économiste Patrice Geoffron, la crise aura surtout révélé les failles du système plutôt que de le transformer. L'assurance qui rassurait les marchés depuis les années 1980, à savoir la capacité de réserve de l'Opep mobilisable en cas de rupture, s'est révélée illusoire : l'essentiel de ces marges, logées en Arabie saoudite, aux Émirats et au Koweït, se trouvait précisément derrière le verrou d'Ormuz. « L'extincteur était dans le bâtiment en feu. » La fermeture du détroit illustre ce que des chercheurs nomment l'« interdépendance instrumentalisée » : un nœud logistique mondial transformé en arme. Au Qatar, l'explosion d'un complexe gazier à Ras Laffan, endommagé pendant les frappes, a fait des dizaines de blessés et de disparus. La Chine, très dépendante du Golfe, a encaissé le choc sans grande secousse, en puisant dans le charbon et ses renouvelables. La détente est réelle ; la vulnérabilité, structurelle.








